Ricardo
Piatti, entraîneur du quart de finaliste Ivan
Ljubicic, analyse le jeu de Novak Djokovic, 19
ans, qu'il a coaché jusqu'au mois dernier.
«Le potentiel
d'un numéro 1»
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Par Mathiot Cédric
7/06/2006 
Voilà un coach comblé.
Ricardo Piatti, l'entraîneur (italien) d'Ivan
Ljubicic, peut aussi s'arroger une part du
succès de Novak Djokovic, 19 ans, qu'il a
coaché jusqu'au mois dernier, et qui vient de
faire tomber trois têtes de séries (Gonzales,
Haas et Monfils). Les deux joueurs seront sur
le central aujourd'hui pour leur premier quart
de finale en Grand Chelem, l'un contre Julien
Benneteau, l'autre contre Rafael Nadal.
Vous vous séparez
de Djokovic, et le voilà en quarts de finale.....
Je suis très
content pour lui. On a discuté lors du
tournoi de Rome, il a besoin d'un coach dédié.
Je l'y ai encouragé. Mais je ne suis pas
surpris de son succès. Je sais comment il
peut jouer. A Miami, en mars, il a joué un
match d'un niveau incroyable contre Paul-Henri
Mathieu (victoire 6-1, 6-3). Il a besoin de
quelques victoires pour exploser. C'est bien
que cela lui arrive ici, dans un tournoi aussi
relevé.
Qu'a-t-il le plus
amélioré dans son jeu, et que doit-il encore
travailler ?
Il doit encore
jouer de manière plus offensive. Il doit
prendre le jeu à son compte dès le retour.
Il s'est amélioré, mais doit encore pousser
dans ce sens. Son service est très bon, mais
peut devenir l'un des tout meilleurs. Et sur
le plan mental, il est très fort, très mûr.
Lors de son match
contre Monfils, il a joué une quantité
d'amorties calamiteuses.....
Il lui arrive d'en
abuser parfois.
Jusqu'où le
voyez-vous aller ?
En fait, il
ambitionne de devenir numéro 1 mondial et il
en a le potentiel.
A-t-il une chance
contre Nadal ?
Ce sera un match
intéressant. Novak a beaucoup regardé Rafael,
sur tous les tournois, et comme il est
intelligent, il comprend beaucoup de choses de
son jeu. Je crois que c'est le moment pour lui
de le jouer, et je suis sûr qu'il sera sur le
court demain pour le battre. Maintenant, on
sait que Nadal n'a aucun point faible sur
terre. La clé, c'est que Djokovic ne devra
pas accepter le combat, il devra attaquer.
A un moindre degré,
la présence de Ljubicic en quart est-elle
aussi une surprise ?
Pas vraiment.
Comme la plupart des joueurs européens, il a
grandi sur la terre battue, et il y a toujours
eu de bons résultats. Il a déjà fait une
demi-finale à Hambourg, des quarts à
Monte-Carlo et Rome. Après, comme beaucoup
d'autres joueurs, il aurait besoin d'y jouer
plus. Le problème, c'est que sa saison sur
terre commence à Monte-Carlo et finit à
Paris. C'est court par rapport à la saison
sur dur. Et c'est court pour avoir le feeling
de la terre, des déplacements.
Djokovic est
serbe, Ljubicic croate, comme Mario Ancic. Ils
étaient trois en quarts de finale. Ont-ils un
talent particulier avec la balle ?
Non, ils ont un
talent particulier dans tous les sports. J'ai
appris beaucoup de ces deux pays, parce qu'ils
ont un truc particulier avec le sport. C'est
leur éducation. Ivan est pote avec tous les
sportifs de son pays, les volleyeurs, les
joueurs de handball... Quand il a gagné en
double une médaille de bronze olympique (à
Athènes en 2004 aux côtés d'Ancic, ndlr),
j'ai vu à quel point c'était important pour
lui. C'est une part essentielle de leur
culture.
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